Itinéraire
En venant de la Mure, juste avant le pont, prendre à gauche la route qui mène à la centrale, à une centaine de mètres prendre le vallon
à gauche.

Cet affleurement est dans la liste des 19 sites géologiques remarquables de l'Isère, avec une étoile. La fiche RHA 024 précise :
Exemple d'érosion et destruction des cheminées de Fées
Les deux photos ci-dessous montrent la succession des différents ponts construits sur la Bonne qui a souvent été une limite entre deux territoires, provinces ou évêchés : le pont romain construit assez bas dans le ravin s'est effondré dans les années 1920. Au-dessus le pont construit en 1650 dont on a enlevé les restes en 1957. Le pont actuel construit, nettement plus haut pour un meilleur accès, en 1751-52 suite à la décision de construire la grande route royale de Grenoble à Gap. La route de Pont-Haut à la Mure ne sera terminée qu'en 1798.
Carte postale la plus ancienne de Pont-haut, date ? avant 1900 probablement.
Les demoiselles aujourd'hui, La destruction est importante et la végétation a envahi le site.
Une très rare petite cheminée qui a encore un chapeau.
Une autre carte postale postérieure à la précédente au vu de la végétation beaucoup plus fournie, mais antérieure à 1920 puisque tous les
ponts existent encore.
L'explication simpliste que l'on donne généralement
Depuis le retrait des glaciers, les dépôts morainiques hétérogènes sont soumis aux intempéries (précipitations, gel, vent,
etc.) érodant ainsi patiemment ce 'béton" très peu perméable. Le ruissellement des eaux en surface petit à petit isole de gros
rochers résistants. Grâce à leur taille et leur poids respectables, ces blocs font office de "chapeaux protecteurs" en compactant
la moraine sous-jacente, tandis que les matériaux fins non protégés sont désagrégés et emportés au loin.
Les cheminées vont atteindre leur maximum au bout d'environ 10 000 ans. Elles vont ensuite s'acheminer vers leur destruction.
En effet, elles sont condamnées à disparaître soit par effondrement, soit par érosion suite à la perte de leur chapeau rocheux
protecteur qui finissent par ne plus avoir une assise suffisante. La colonne ainsi décoiffée devient plus vulnérable aux intempéries
et elle s'amenuise alors rapidement.
Un schéma sur un panneau à Euseigne (Suisse)
On trouve l'animation du schéma ci-contre à l'adresse http://www.editions-breal.fr/svt_college/5eme/cheminee_fee/main.html
Un autre schéma, on arrive au stade 2 après environ 5000 ans et au stade 3 après 10000 ans
C'est certainement plus compliqué !
Si l'on comprend qu'un bloc peut initier une colonne, il semble évident que dès l'épaisseur du bloc protecteur dépassé,
le ruissellement doit rapidement saper l'intervalle bloc-dêpot.
Les explications plus complètes font intervenir des cimentations sélectives de la moraine par des remontées de fluides
minéralisés. Les colonnes seraient donc préformées puis révélées par l'érosion. Même si l'on trouve des colonnes sans
chapeau celui-ci doit jouer un rôle, est-ce la pression qu'il exerce ? (blocs de 20 tonnes à Euseigne). Le bloc est soudé
sur la colonne ce qui permet à des chapeaux en déséquilibre de se maintenir.
Un schéma extrait d'un panneau explicatif à Théus
A Euseigne, Valais Suisse, on parle de pyramides. Certains blocs atteignent 20 tonnes.
Demoiselles de Théus, même si l'on trouve des demoiselles non coiffées, le chapeau joue un rôle et donne des colonnes
plus spectaculaires.
En ce qui concerne nos Demoiselles, le cycle a commencé il y a environ 12 000 ans : après son avancée maximum du Wurm 2, le
glacier de la Bonne a commencé à se retirer de façon irrégulière avec des stagnations, des avancées dont une au Wurm 3 puis
une remontée définitive, pendant son retrait il envoyait dans la zone qu'il avait creusé des alluvions. Guy Montjuvent en
a tracé la coupe ci-dessous. Un de ces dépôt d'argile a été utilisé pour les tuileries.
Les cheminées ont dû atteindre leur maximum il y a quelques siècles , aujourd'hui elles sont fortement dégradées,
la végétation a tout envahi, ce qui empêche la continuation du processus de formation et accélère la
destruction.
Coupe issue de la thèse d'Etat de Guy Montjuvent "Le Drac. Morphologie, Stratigraphie et chronologie quaternaire
d'un bassin alpin." 1971.
Les demoiselles, bien que mentionnées aujourd'hui sur toutes les cartes, ne semblent pas avoir été un lieu de tourisme répertorié. Dans les guides touristiques de la fin des années 1800 on parle beaucoup de La Motte les Bains et de La Salette. Dans La Mure et ses environs de L. Caillet, 1925, à l'usage des touristes où de nombreuses promenades sont décrites dont celle "Les ponts de Ponthaut" avec description et histoire des différents ponts ; sur le parcours il est dit, sans plus, on voit de jolies colonnes coiffées et un fragment de voie romaine.